Voici un extrait du livre d'Anne-Marie Thiesse, ancienne élève de Normale Sup et directrice de recherches au CNRS:
"Un pays de forte immigration comme
la France a longtemps accordé la naturalisation sans faire de la reconnaissance du patrimoine national une condition préalable: mais elle est supposée venir "naturellement" aux nouveaux ressortissants - en tout cas à leurs enfants. Les débats actuels qui mettent en avant la question d'
intégration engagent la question essentielle en l'esquivant: dans quoi précisément les étrangers vivant sur le sol national doivent-ils s'intégrer, et quels sont les preuvent tangibles qu'ils doivent fournir de leur volonté et de leur capacité à le faire? On voit bien que l'enjeu n'est pas seulement l'adhésion des immigrés aux lois fondamantales de l'Etat...
[...] L'entité supranationale de l'Union européenne devient un espace juridique, économique, financier, policier, monétaire: ce n'est pas un expace identitaire.
Lui fait défaut tout ce patrimoine symbolique par quoi les nations ont su proposer aux individus un interêt collectif, une fraternité, une protection. [...] Et si les Pères de l'Europe l'avaient instituée en oubliant de la construire?" Anne-Marie Thiesse, La création des identités nationales, points histoire, seuil, 1999.
Par FNJ centre
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